Objet : Francophonie quel avenir?

Monsieur le Président de la République,

Je vous écris ce courrier pour vous faire part de mon extrême inquiétude concernant les dernières actions de votre gouvernement pour défendre la langue française comme langue de communication internationale.

Votre discours de mars dernier à Caen était certes prometteur. Il réaffirmait l’importance du français pour votre gouvernement et défendait les langues régionales qui font la richesse de notre pays. Toutefois, la ratification du protocole de Londres vient tout simplement sonner le glas de la langue française dans le domaine technique. En plus du désastre linguistique, cela aura pour conséquence certaine une diminution de la compétitivité de nos entreprises sur le territoire national et d’engendrer un climat d’insécurité pour nos PME. Le plus ironique dans l’histoire, c’est que ce projet de loi a été défendu en partie par notre Ministre de la Francophonie! Heureusement, des Etats responsable tels que l’Espagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, etc. refusent catégoriquement cet atteinte irrespectueuse à leurs langues nationales.

Ensuite, la nomination de M. Kouchner comme Ministre des Affaires étrangères est une véritable source d’inquiétude pour le monde francophone. En effet, le chapitre « L’anglais avenir de la francophonie » de son livre intitulé «La fabrique démocratique » en dit long. Comment peut-il prétendre défendre la langue française dans les institutions internationales et particulièrement en Europe avec une telle idéologie? D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, j’ai pu apprécier le sens du devoir de notre nouveau « Secretary for Foreign Affairs ». En effet, en allumant la télévision dans ma chambre d’hôtel de Vancouver je suis tombé sur notre cher Ministre expliquant votre politique extérieure en anglais « of course » sur la chaîne locale KCTS9. C’est un bel exemple pour les représentants des autres pays qui continuent, tant bien que mal, à utiliser préférentiellement la langue française dans la diplomatie.

Enfin, les propos de votre Ministre de l’Education nationale ne sont guères plus encourageants . Son objectif principal n’est pas d’élever le niveau de nos enfants, mais rien de moins que de rendre notre pays bilingue. Idée très intéressante si elle avait pour but de diversifier l’apprentissage des langues (régionales et frontalières)… mais honnêtement personne n’est dupe, son souhait est d’imposer encore plus le « globish » alors que le niveau de français des jeunes écoliers n’a jamais été aussi bas.

Nous passerons sous silence les pratiques de votre Ministre de l’Economie…

Vous comprendrez aisément mon inquiétude face à ces actions concrètes qui font peser une épée de Damoclès sur le rôle international de la langue française et de la diversité linguistique et culturelle mondiale. De plus, je ne vois pas comment toutes ces actions vont vous aider à renforcer (ou défendre) le plurilinguisme des institutions européennes. D’ailleurs, ce dernier n’est qu’une façade puisque par exemple, la totalité des documents pour obtenir des fonds publics (http://cordis.europa.eu/fp7/calls_fr.html) sont uniquement disponibles en anglais… C’est encore une belle preuve d’ouverture vers les peuples européens et leurs diversités. Ne nous étonnons plus qu’une partie des Européens ne se reconnaissent plus dans l’Europe d’aujourd’hui.

J’attends avec impatience des actions concrètes en faveur de la Francophonie de votre gouvernement afin que vous respectiez vos promesses électorales de mars 2007. Cette Francophonie est importante pour la défense de la diversité culturelle face à l’hégémonie de l’anglais, mais aussi pour la diplomatie française car sans l’appui de pays membres de la Francophonie, il n’est pas sûr que la France ait eu gain de cause lors des longues discussions sur la guerre en Irak à l’ONU.

Je pense que le prochain Sommet de la Francophonie à Québec en 2008, dans le cadre des célébrations du 400ième anniversaire de la fondation de Québec, mais aussi les 400 ans de la présence française continue en Amérique, sera l’occasion pour nous de connaître vos véritables intentions vis-à-vis de la défense active de la langue française comme langue de communication internationale.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République française, mes sentiments les plus distingués.

Référence :

Excellent article sur le bilinguisme à l'âge précoce

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17493&id_forum=1566467&var_mode=recalcul#commentaire1566467