04 décembre 2007
Un Tram à Québec...
Depuis plusieurs mois, le débat sur la construction d’un Tram à Québec fait rage. En effet, une partie de la population est contre et les pouvoirs politiques sont fébriles. Pourquoi ? Esprit individualiste d’une partie de la population et mauvaises raisons budgétaires. Pourtant, les avantages d’un Tram sont nombreux et démontrés à travers les nombreuses réalisations à travers le monde (Bordeaux, Montpellier, etc.).
Tout d’abord, un Tram permet une plus grande régularité des transports en commun et une intensification du trafic aux heures de pointe (toutes les 2-3 minutes à Bordeaux). Les Trams automatiques permettent d’allonger les heures de service (jusqu’à 2h00 à Bordeaux) et donc de redynamiser les centres villes le soir en évitant les problèmes d’alcools au volant, de fatigue, de bruit, de stationnement…
Ensuite, un Tram restreint drastiquement les possibilités de circulation des voitures. C’est plutôt une bonne chose pour lutter contre la pollution et les désagréments sonores des voitures. Il force également les plus réfractaires à prendre les transports en commun ce qui n’est pas un mal (en effet, quand on passe 1 heure dans le trafic à cause du Tram on finit par considérer la possibilité de l’utiliser). De plus, des stationnements gratuits pour les voitures aux extrémités des lignes permettent de faciliter l’utilisation du Tram pour les personnes habitant à l’extérieure de la ville.
Mon expérience à Bordeaux m’a permis de vivre sans et avec le Tram. Au départ, il y a pas mal d’inconvénients dus aux travaux mais après c’est la libération. On n’hésite plus à se rendre au centre ville pour aller boire un verre et profiter des parcs et lieux publiques. Pour le travail, on évite le trafic du matin et on rentre moins fatigué. Les fréquences possibles avec ce nouveau type de Tram permettent aux usagés de ne jamais attendre plus de 10 minutes et de se rendre partout en 20-30 minutes.
Néanmoins, il faut que le tracé du Tram soit étudié à la loupe car son succès en dépendra fortement (Le parc technologique et l’université doivent être desservis en priorité). De plus, il serait temps que la ville de Québec se dote d’une véritable politique de transports en commun… facilité d’accès, prix accessibles, respect des usages et des règles de circulation des bus (la courtoisie serait un plus). Les lacunes du présent système de transports sont multiples et beaucoup se découragent et prennent leurs voitures, malheureusement ce thème majeur pour redynamiser et reconcentrer la ville de Québec n’a pas été assez au cœur de la dernière campagne électorale. De plus, n’oublions pas que la majorité de la population est pour… on attend des actions concrètes pour aller en ce sens !
03 décembre 2007
Projet de loi sur l'identité québécoise
Il y a quelques mois, la nouvelle chef du Parti Québécois, Pauline Marois, a déposé un projet de loi sur l’identité québécoise (http://www.pq.org/?menu=5&menu2=e3&q=node/1403) qui réaffirme le caractère francophone de la province, prévoit des mesures contraignantes pour que les immigrants allophones apprennent le français, donne des nouveaux droits aux immigrants pour exiger un soutien dans l’apprentissage du français et renforce la loi 101 qui au fil des années a été entièrement vidée de son contenu (le dernier jugement de la Cour Suprême du Québec en dit long). En tant que récent immigrant au Québec, je soutiens sans restriction ce projet.
Mon expérience professionnelle à Québec me démontre qu’il y a urgence en matière de pérennité de la langue française comme outil de travail dans les entreprises québécoises. Par exemple, il n’est pas rare de trouver des immigrants installés depuis 10 ans à Québec et ne parlant qu’anglais au travail. Néanmoins, la faute est partagée entre les uns ne faisant aucun effort et les autres qui n’imposent pas le français, au moins, dans les discussions extra professionnelles… il est facile de dire que les gens ne font pas d’effort mais il faut aussi leurs montrer l’intérêt d’apprendre le français sur un continent largement dominé par la langue anglaise.
Par exemple, la compétence de savoir parler français d’un immigrant allophone devrait être retenue lors des promotions et des notations pour les augmentations de salaire annuelles. Les postes de direction ne devraient être accessibles qu’aux personnes maîtrisant un minimum la langue française (c’est bien le cas pour l’anglais même à des postes où cela n’est pas nécessaire). En effet, lorsque l’on analyse la situation de plus près, on s’aperçoit que les perdants sont les francophones unilingues et les immigrants allophones qui ont appris uniquement le français afin de respecter la société d’accueil et mieux s’y intégrer.
De plus, la laïcité devrait faire l’objet d’un article séparé dans le projet. En effet, l’article 50.1 n’est pas suffisant… l’exemple de la France démontre la possibilité d’application d’une telle loi sans aucun problème dans les écoles et lieux publics malgré ce qu’en disaient les détracteurs du projet. En effet, la commission Bouchard-Taylor démontre bien l’urgence d’agir. Le malaise est profond et risque de diviser la société québécoise.
Articles de référence :
Le français perd du terrain http://www.cyberpresse.ca/article/20071204/CPACTUALITES/71204038
Apprentissage de la langue nationale - Quand les régions imposent leur volonté http://www.ledevoir.com/2007/11/17/164784.html
