18 mars 2008
Pain au Levain
Il m'aura fallu près de 2 ans pour finalement trouver la recette idéale pour faire un pain de campagne à la française vraiment alvéolé digne des meilleures boulangeries de ma terre natale.
La méthode est simple et à toute épreuve. Le secret pour obtenir des belles alvéoles irrégulières est l'utilisation de levain et non de levure chimique ou de boulangerie.
Etape 1 : fabrication du levain
Pour fabriquer un bon levain il faut utiliser une bonne farine. Pour ma part, j'utilise une farine de blé entier moulue à l'ancienne dans une meunerie artisanale qui fait pousser naturellement son blé sans aucun ajout ou engrais.
La conception du levain est vraiment simple. En fait, il suffit juste de mélanger de l'eau et de la farine en quantités égales pendant plusieurs jours. Pour faciliter le démarrage, le premier jour je mets une cuillère de miel d'un producteur local.
- Jour 1 : mélanger à l'aide d'une cuillère en bois 30 g d'eau et 30 g de farine complète avec une petite cuillère de miel
- Jour 2 : ajouter et mélanger 30 g d'eau puis 30 g de farine complète
- Jour 3 : ajouter et mélanger 100 g d'eau puis 100 g de farine complète (des bulles devraient commencer à apparaitre)
- Jour 4 : idem que précédement (le levain devrait devenir très actif, énormément de bulles apparaissent après 1 ou 2 heures)
On répète l'opération jusqu'à obtenir la quantité de levain nécessaire pour la confection du pain.
Lorsqu'une couche d'eau se forme à la surface du levain, cela signifie qu'il a besoin d'un rafraîchissement (il a faim: lui ajouter de l'eau et de la farine).
La veille de la conception du pain, faire un rafraîchie du levain pour que ce dernier soit bien actif
Etape 2 : fabrication du pain
Ingrédients :
- 600 g de levain
- 1,7 kg de farine (type 55)
- 1,2 kg d'eau tiède
- 35 g de sel par litre d'eau
- 5 g de levure de boulangerie fraîche
Pétrissage : mettre le levain dans le bol du robot et débuter le mélange sur la vitesse minimum. Ajouter l'eau, le levure boulangère puis la farine et laisser pétrir pendant pendant 5 minutes. Mettre à la vitesse maximum pendant 15 minutes. On ajoute le sel 5 minutes avant la fin. Il ne faut pas que la pâte colle à la paroi du bol, ajouter un peu de farine si nécessaire.
Pendant ce temps, faire préchauffer le four à 250°C dans lequel on aura pris soin d'y déposer un bol d'eau. Cela permet de saturer l'air du four en eau et d'obtenir une cuisine plus chaude pour faciliter la fermentation.
Repos : 10 minutes dans le bol
Transfert : placer le pétrin sur un plan de travail fariné. la boule devrait tomber tranquillement et ne pas attacher au bol.
Détente : laisser le pétrin reposer pendant 10 à 15 minutes
Boulage : faire deux rabats et laisser reposer 10 minutes après chaque rabat
Transfert de la pâte dans un panier ou un bol : prendre un grand bol en inox tapissé d'un torchon que l'on fait tenir avec une corde de cuisine. Fariner le trochon puis y déposer la pâte.
Fermentation : laisser la pâte reposer pendant environ 1h30. Elle doit doubler de taille.
Cuisson : transfèrer la pâte sur le plan de travail puis couper en 6 morceaux. Il faut les enfourner de suite pendant 20 à 25 minutes.
03 décembre 2007
Réflexions sur la campagne "be love"
Je vais bientôt être père et je m’insurge contre la nouvelle campagne « be love » du gouvernement dans nos écoles pour faciliter l’accès aux préservatifs. Si le principe est louable, la forme quant-à-elle est inacceptable. En fait, l’utilisation de l’anglais dans nos écoles pour sensibiliser les plus jeunes aux risques du SIDA est à la fois dangereuse et ridicule. Par exemple, il aurait été préférable d’utiliser « amoureux de la vie » ou « amour et vie »… le message aurait été bien plus claire et efficace. Et je n’ai réfléchi que quelques minutes… des professionnels de la communication pourraient certainement trouver quelque chose de mieux !
Est-ce qu’il ne serait pas temps que les syndicats des professeurs, des parents d’élèves et des proviseurs agissent pour faire respecter la langue de la république dans nos écoles ? Nos enfants parlent et écrivent de moins en moins bien le français… il paraît même que 25% de nos jeunes à la sortie du premier cycle primaire ont de la difficulté pour comprendre ce qu’ils lisent en français (http://www.lefigaro.fr/actualites/2007/12/04/01001-20071204ARTFIG00195-les-ecoliers-francais-lisentde-moins-en-moins-bien.php). Lorsque j’ai passé mon doctorat, j’ai eu à corriger des copies d’élèves de l’ENSAM en dernière année. Le niveau était catastrophique, orthographe mais aussi grammaire et structure... les étudiants étrangers avaient une meilleure maîtrise de la langue écrite. Je ne dis pas qu’il faut être parfait mais un ingénieur doit être capable d’articuler et de faire passer son message clairement et limpidement par écrit.
Je pense qu’il est du devoir des professeurs, proviseurs et parents de se battre pour l’avenir de nos enfants. OUI à l’apprentissage des langues étrangères et NON à l’affaiblissement du français dans nos écoles. A l’heure de la mondialisation, il est grand temps que les français s’affirment. Défendre son patrimoine dans un esprit de partage n’est pas passéiste ou ringard comme veulent nous le faire croire nos élites.
J’espère que le corps enseignant et les parents d’élèves vont s’organiser pour faire passer le message à notre gouvernement qui confond ouverture sur le monde et soumission au culte anglo-saxon. Bonne journée,
Lettre ouverte à M. Sarkosy Président de la République française
Objet : Francophonie quel avenir?
Monsieur le Président de la République,
Je vous écris ce courrier pour vous faire part de mon extrême inquiétude concernant les dernières actions de votre gouvernement pour défendre la langue française comme langue de communication internationale.
Votre discours de mars dernier à Caen était certes prometteur. Il réaffirmait l’importance du français pour votre gouvernement et défendait les langues régionales qui font la richesse de notre pays. Toutefois, la ratification du protocole de Londres vient tout simplement sonner le glas de la langue française dans le domaine technique. En plus du désastre linguistique, cela aura pour conséquence certaine une diminution de la compétitivité de nos entreprises sur le territoire national et d’engendrer un climat d’insécurité pour nos PME. Le plus ironique dans l’histoire, c’est que ce projet de loi a été défendu en partie par notre Ministre de la Francophonie! Heureusement, des Etats responsable tels que l’Espagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, etc. refusent catégoriquement cet atteinte irrespectueuse à leurs langues nationales.
Ensuite, la nomination de M. Kouchner comme Ministre des Affaires étrangères est une véritable source d’inquiétude pour le monde francophone. En effet, le chapitre « L’anglais avenir de la francophonie » de son livre intitulé «La fabrique démocratique » en dit long. Comment peut-il prétendre défendre la langue française dans les institutions internationales et particulièrement en Europe avec une telle idéologie? D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, j’ai pu apprécier le sens du devoir de notre nouveau « Secretary for Foreign Affairs ». En effet, en allumant la télévision dans ma chambre d’hôtel de Vancouver je suis tombé sur notre cher Ministre expliquant votre politique extérieure en anglais « of course » sur la chaîne locale KCTS9. C’est un bel exemple pour les représentants des autres pays qui continuent, tant bien que mal, à utiliser préférentiellement la langue française dans la diplomatie.
Enfin, les propos de votre Ministre de l’Education nationale ne sont guères plus encourageants . Son objectif principal n’est pas d’élever le niveau de nos enfants, mais rien de moins que de rendre notre pays bilingue. Idée très intéressante si elle avait pour but de diversifier l’apprentissage des langues (régionales et frontalières)… mais honnêtement personne n’est dupe, son souhait est d’imposer encore plus le « globish » alors que le niveau de français des jeunes écoliers n’a jamais été aussi bas.
Nous passerons sous silence les pratiques de votre Ministre de l’Economie…
Vous comprendrez aisément mon inquiétude face à ces actions concrètes qui font peser une épée de Damoclès sur le rôle international de la langue française et de la diversité linguistique et culturelle mondiale. De plus, je ne vois pas comment toutes ces actions vont vous aider à renforcer (ou défendre) le plurilinguisme des institutions européennes. D’ailleurs, ce dernier n’est qu’une façade puisque par exemple, la totalité des documents pour obtenir des fonds publics (http://cordis.europa.eu/fp7/calls_fr.html) sont uniquement disponibles en anglais… C’est encore une belle preuve d’ouverture vers les peuples européens et leurs diversités. Ne nous étonnons plus qu’une partie des Européens ne se reconnaissent plus dans l’Europe d’aujourd’hui.
J’attends avec impatience des actions concrètes en faveur de la Francophonie de votre gouvernement afin que vous respectiez vos promesses électorales de mars 2007. Cette Francophonie est importante pour la défense de la diversité culturelle face à l’hégémonie de l’anglais, mais aussi pour la diplomatie française car sans l’appui de pays membres de la Francophonie, il n’est pas sûr que la France ait eu gain de cause lors des longues discussions sur la guerre en Irak à l’ONU.
Je pense que le prochain Sommet de la Francophonie à Québec en 2008, dans le cadre des célébrations du 400ième anniversaire de la fondation de Québec, mais aussi les 400 ans de la présence française continue en Amérique, sera l’occasion pour nous de connaître vos véritables intentions vis-à-vis de la défense active de la langue française comme langue de communication internationale.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République française, mes sentiments les plus distingués.
Référence :
Excellent article sur le bilinguisme à l'âge précoce
28 juillet 2005
Pourquoi veulent-ils tuer le français ?
Ma dernière lecture m’a appris beaucoup de choses sur la façon dont la francophonie est gérée en France. Une véritable politique de sabotage de la langue française est mise en œuvre depuis plusieurs années par les ministres de l’éducation nationale (savez-vous que l'on enseigne plus le subjonctif à l'école sauf pour la 3ième personne), l’ère Chirac est la plus catastrophique pour notre culture. De plus, la défense de la langue française dans les institutions internationales par la France est tout simplement ridicule (30 000€/an pour permettre la création de nouvelles terminologies pour les nouveaux concepts etc.).
C’est un livre à lire absolument, il développe clairement la situation de la langue française en France, en Europe et dans le monde. Il expose les dangers d’une homogénéisation des institutions internationales et de la pérennité de la diversité culturelle et linguistique de notre continent. Les rappels historiques permettent de mieux cadrer et comprendre les défis auxquels le monde francophone (culturel, économique, politique) doit faire face pour les 50 prochaines années.
Je le conseille à tous ceux souhaitent s’ouvrir au-delà du monde anglo-saxon. Il temps que les français sautent dans le train de la francophonie… il nous faut de véritables politiques linguistiques internationales avec des moyens.
Nous pouvons remercier tous les pays francophones du monde, environ 50 états, de défendre sans nous notre langue, la diversité de la culture francophone et par extension la diversité culturelle et linguistique du monde (avec les lusophones et les hispanophones qui ont compris les enjeux d’une tel défense.). La France est la grande absente… aux paroles il faut des actes concrets.
21 avril 2005
Communication scientifique : « le français en voie de disparition »
Le monde scientifique est composé de gens d’excellence, possédant une très grande connaissance et un niveau culturel élevé. Ils sont pour la majorité bilingue, voir trilingue et détiennent pour beaucoup de grandes valeurs humaines.
Pourtant jour après jour, ils se déresponsabilisent collectivement sur les conséquences de leurs actes en matière linguistique. Le sujet est même devenu tabou, où bien les débats se résument à « que pouvons-nous y faire ?… L’anglais est la langue dominante ». Lorsque l’on parle de défense du français dans le monde scientifique, cela ne signifie pas interdire, mépriser ou dénier l’anglais. Bien au contraire, mais doit-on continuer à accepter la disparition progressive de notre langue dans les publications scientifiques ?
L’anglais étant dominant, voir hégémonique ou à la mode en ce moment, il est compréhensible que publier dans cette langue soit fortement conseillé, même obligatoire. Néanmoins pourquoi les articles importants (au minimum) ne sont-ils pas traduits en français ou dans d’autres langues ? A cette question on rétorque souvent qu’une publication ne peut l’être que dans une langue, même si cela signifie la disparition à court terme des revues scientifiques francophones. Cette disparition a des conséquences néfastes à long terme, cela signifie que si un scientifique veut publier ses travaux, ceux-ci doivent obligatoirement être en accord avec les lignes directrices des grandes revues américaines, donc ses recherches doivent se calquer sur les axes décidés par les Etatsuniens !!!
Si une prise de conscience a lieu dans la plupart des autres communautés linguistiques, étonnamment en France rien ne se fait. Le sujet est sans cesse écarté. Pourtant le bilan est catastrophique, voir dramatique. De nos jours il faut être conscient que 90% des articles sont faits en anglais et ceux écrits en français le sont, en règle générale, par des étrangers. Le phénomène va jusqu’à voir des situations burlesques où l’on présente en anglais à un public composé uniquement de francophones… L’argument principal de son utilisation est le gain de temps. A-t-on le droit de sacrifier sa culture, sa langue ; pour gagner quelques minutes au dépend de la compréhension ? Bien évidement personne n’ose protester pour préserver son image vis-à-vis de ses collègues. Pourtant il serait important de signaler son étonnement, son mécontentement… En d’autres termes, prendre ses responsabilités de francophone. Dans tout ça où est le respect de l’auditoire ?
Les doctorants et scientifiques qui viennent chercher une autre façon de faire des sciences et parfaire une nouvelle langue étrangère se trouvent généralement enterrés sous des tonnes d’articles, de livres, de références en anglais, ils doivent se battre pour communiquer en français. Parmi eux beaucoup sont déçus et surpris d’un tel accueil, il n’est pas rare d’entendre « si j’avais su, je serai directement allé dans un pays anglophone ». Et oui, l’original est toujours préféré à la copie.
A tout cela il ne faut pas oublier l’invasion des anglicismes dans le langage scientifique ou courant, même les institutionnels s’y mettent : la dernière trouvaille de la CCIB « La City Car », dommage pour le nom, le concept quant à lui est une réussite. Plus le temps avance et plus notre langue s’appauvrie. En France, la création de vocables pour expliquer, décrire les nouveaux phénomènes physiques est quasiment exotique. Et lorsqu’ils existent, ils sont trop risibles ou pas assez français car inventés par d’autres francophones.
Il est temps que les politiques, les élites, les scientifiques prennent conscience de la fragilité du français et des conséquences de négliger sa protection. Les choses pourraient être simple et convenir à tous, par exemple se doter d’un dispositif de traduction, imposer des quotas pour tous les laboratoires bénéficiant de subventions d’état (30 à 40%) et surtout que les gens retrouvent du bon sens !!! Il est dangereux de penser que la défense de la francophonie est un combat d’arrière garde ou seulement l’affaire du Québec. L’avenir de la diversité culturelle et linguistique, en particulier du monde occidental est primordial pour assurer le respect de tous, la prise de conscience commence à être soulevé par plusieurs instances supranationales comme l’UNESCO, l’ONU, L’Union Latine… il est important que la France soit dans « le bateau ».





